Vos données restent chez vous
Les outils de calcul de ce site s'exécutent dans votre navigateur : rien de ce que vous saisissez n'est transmis. Cette architecture offre une confidentialité que peu de services en ligne peuvent promettre — mais elle a une contrepartie, et cette contrepartie mérite d'être comprise avant d'ouvrir un dossier.
Que signifie exactement « le calcul est local » ?
Un service en ligne ordinaire fonctionne comme un correspondant à qui l'on confie un dossier : vous transmettez les pièces, le travail s'effectue ailleurs, sur un serveur que vous ne voyez pas, et l'on vous retourne un résultat. Vos données ont voyagé ; elles se trouvent désormais chez un tiers, pour une durée que vous ne maîtrisez pas entièrement.
Ici, le mouvement est inverse. Au chargement de la page, le serveur vous envoie l'outil — le programme de calcul, les tables de mortalité, les indices — puis se retire. Le calcul s'exécute ensuite sur votre ordinateur, par votre navigateur, à partir des valeurs que vous saisissez. Ces valeurs ne repartent nulle part. Le site ne les reçoit pas, l'auteur ne les voit pas, aucun serveur ne les conserve.
La vérification en est à la portée de tous : une fois la page chargée, coupez votre connexion. L'outil continue de fonctionner. C'est la démonstration la plus simple qu'il ne parle à personne.
Pourquoi cela importe-t-il pour un juriste ?
Un dossier de dommage corporel n'est pas un dossier ordinaire. Il rassemble des expertises médicales, des cotations de déficit fonctionnel, des souffrances endurées, des revenus — autrement dit des données de santé et des données financières, appartenant aux catégories que le Règlement général sur la protection des données entoure des garanties les plus strictes, et couvertes, selon la profession, par le secret professionnel.
Confier ces données à un service en ligne, c'est ouvrir un dossier de conformité : identifier le sous-traitant, conclure le contrat exigé par l'article 28 du Règlement, s'assurer de la localisation des serveurs, encadrer les transferts éventuels hors de l'Union européenne, s'exposer enfin au risque qu'une violation de données survenue chez ce tiers atteigne vos clients.
Lorsque le calcul est local, cette chaîne n'existe pas : il n'y a pas de sous-traitant, parce qu'aucun traitement n'est opéré pour votre compte par un tiers. Vous demeurez, bien entendu, responsable du traitement que vous opérez sur votre propre poste — mais vous n'y ajoutez personne.
Où mes dossiers sont-ils conservés ?
L'applicatif de liquidation vous permet d'enregistrer vos dossiers pour les reprendre plus tard. Ils ne sont pas enregistrés « sur le site » — puisque le site ne reçoit rien — mais dans ce que l'on appelle le stockage local du navigateur : un espace que votre navigateur réserve, sur le disque dur de votre ordinateur, à chaque site que vous visitez.
Trois conséquences en découlent, et ce sont les plus importantes de cette page :
- Cet espace est attaché à un triplet : un ordinateur, un navigateur, un site. Un dossier enregistré depuis Firefox sur votre poste de bureau n'existe ni dans Chrome sur ce même poste, ni sur votre portable, ni chez votre collaborateur.
- Il n'existe aucun compte, donc aucune synchronisation. Rien ne suit automatiquement d'un appareil à l'autre.
- Sa conservation dépend entièrement du navigateur. Vider les données de navigation efface les dossiers — sans confirmation, sans corbeille, sans retour possible.
C'est la contrepartie exacte de l'absence de serveur : personne ne détient vos données, mais personne ne les sauvegarde à votre place.
Qu'est-ce qu'un fichier .json ?
C'est le remède à ce qui précède, et il est plus simple qu'il n'y paraît.
Un fichier .json est un fichier de texte ordinaire. Rien d'autre. Il est écrit selon quelques conventions d'écriture qui permettent d'y ranger des informations nommées — une date de consolidation, un taux d'actualisation, le libellé d'un poste, un montant — de manière qu'un programme sache les retrouver. L'abréviation signifie JavaScript Object Notation ; l'appellation est technique, la chose ne l'est pas.
Vous pouvez l'ouvrir dans le Bloc-notes, ou dans TextEdit, et le lire à l'œil nu : vous y reconnaîtrez vos propres saisies. À la différence d'un format propriétaire — celui d'un logiciel d'un éditeur déterminé —, il ne dépend d'aucun fournisseur, ne s'ouvre pas au moyen d'une licence, et restera lisible longtemps après que les outils qui l'ont produit auront disparu. C'est, pour le dire d'un mot, le format le plus durable dans lequel un dossier puisse être conservé.
Exporter un dossier au format .json, c'est donc le sortir du navigateur pour en faire un fichier autonome — que l'on archive dans le dossier du client, que l'on transporte sur une clé, que l'on adresse à un confrère, et que l'on réimporte pour reprendre le calcul là où il avait été laissé, ou pour l'actualiser à une nouvelle date de liquidation.
Les précautions à prendre
Elles tiennent en peu de choses, mais elles ne souffrent pas d'exception.
- Exportez à la fin de chaque séance de travail. Le fichier
.jsonest votre seule sauvegarde. Classez-le dans le dossier du client, au même titre qu'une pièce. - Ne travaillez pas en navigation privée. Tout y est effacé à la fermeture de la fenêtre, y compris vos dossiers.
- Exportez avant toute maintenance du poste — nettoyage, changement de navigateur, réinstallation, intervention du service informatique. Les utilitaires de nettoyage automatique effacent le stockage local sans le distinguer des traceurs publicitaires.
- Pour changer d'ordinateur, voyagez avec le fichier. Exportez sur le premier poste, importez sur le second : c'est le seul chemin.
- Sur un poste partagé, exportez puis supprimez le dossier de l'applicatif. Le stockage local n'est pas protégé par un mot de passe : il est accessible à qui utilise la même session sur la même machine.
- Traitez le fichier exporté comme une pièce confidentielle. Il n'est pas chiffré et contient les données en clair.
Ce que le calcul local ne protège pas
La franchise commande de le dire : l'exécution locale garantit que vos données ne quittent pas votre poste tant que vous ne les en faites pas sortir vous-même. Elle ne protège ni contre la perte ou le vol de l'ordinateur, ni contre l'accès d'un tiers à votre session, ni contre une transmission imprudente.
Un fichier .json, une note de calcul au format Word, un PDF de capitalisation adressés par une messagerie non sécurisée sortent de la bulle de confidentialité aussi sûrement que si le calcul avait été fait sur un serveur étranger. Les précautions habituelles en matière de transmission de pièces — et, pour l'avocat, les exigences du secret professionnel — retrouvent alors leur pleine application.
Où ce principe s'applique-t-il ?
- Capitalisation d'une rente — calcul dans le navigateur, sans aucun enregistrement : rien n'est conservé, pas même localement. Le permalien et la note de calcul PDF sont les seuls moyens de retrouver un calcul.
- Liquidation d'un dossier — calcul dans le navigateur, avec enregistrement local des dossiers et export au format
.json. C'est l'outil auquel l'ensemble de cette page s'applique. - L'IA du juriste — même principe, poussé plus loin encore : le modèle de langage lui-même s'exécute sur le poste, sans qu'aucune requête ne soit adressée à un fournisseur d'intelligence artificielle.